
Rédigé par l’Équipe Réfrigération, spécialistes en fluides frigorigènes et conformité F-Gas européenne. Dernière mise à jour : 16 septembre 2026.
Le R-134a affiche un PRP de 1 430 selon l’annexe I du règlement (UE) 2024/573. Cette valeur le place sous le seuil de 2 500 qui déclenche les interdictions d’entretien actuelles, mais au-dessus du seuil de 750 qui s’appliquera au froid fixe en 2032. Entre ces deux chiffres se joue tout l’avenir du fluide, et beaucoup de calendriers qui circulent confondent les deux mécanismes.
Points Clés
Le R-134a est-il interdit en 2026 ?
Non, sur aucun des deux plans. Le R-134a peut toujours être acheté, vendu et utilisé pour l’entretien des installations existantes en 2026. Les interdictions d’utilisation de l’article 13 du règlement (UE) 2024/573 visent les fluides au PRP supérieur ou égal à 2 500 : le R-134a, à 1 430, n’entre dans aucune d’elles.
Ce qui se resserre, c’est l’offre. Le quota HFC européen plafonne les mises sur le marché à 42 874 410 tonnes équivalent CO2 pour 2025 et 2026, soit environ 24,3 % de la valeur de référence 2015 de 176 700 479 tonnes fixée à l’annexe VII, puis tombe à 21 665 691 tonnes pour la période 2027-2029. Le détail de cette trajectoire est traité dans notre calendrier de réduction des HFC.
Équipements neufs : les dates réelles de l’annexe IV
Il n’existe pas de date unique. L’annexe IV du règlement découpe les interdictions de mise sur le marché par catégorie d’équipement, avec des seuils de PRP et des échéances distincts. Pour le R-134a (PRP 1 430), seules comptent les lignes dont le seuil est inférieur ou égal à 1 430.
| Catégorie d’équipement | Seuil PRP | Date |
|---|---|---|
| Réfrigérateurs et congélateurs domestiques (point 2(a)) | ≥ 150 | 1er janvier 2015 |
| Réfrigérateurs et congélateurs domestiques, tous gaz fluorés (point 2(b)) | Tous | 1er janvier 2026 |
| Systèmes centralisés multipostes commerciaux ≥ 40 kW (point 6) | ≥ 150 | 1er janvier 2022 |
| Équipements frigorifiques monoblocs, hors groupes refroidisseurs (point 4) | ≥ 150 | 1er janvier 2025 |
| Autres équipements frigorifiques, hors groupes refroidisseurs (point 5(c)) | ≥ 150 | 1er janvier 2030 |
| Groupes refroidisseurs ≤ 12 kW, tous gaz fluorés (point 7(c)) | Tous | 1er janvier 2032 |
| Groupes refroidisseurs > 12 kW (point 7(d)) | ≥ 750 | 1er janvier 2027 |
Une confusion revient souvent : présenter 2032 comme la date d’interdiction des équipements frigorifiques fixes neufs au PRP supérieur ou égal à 150. Cette ligne n’existe pas dans l’annexe IV. Les seules échéances 2032 de l’annexe IV concernent les groupes refroidisseurs de 12 kW ou moins (point 7(c)) et les climatiseurs monoblocs de 12 kW ou moins (point 8(c)), pour lesquels ce sont tous les gaz fluorés qui sont visés, sans seuil de PRP. Aucune de ces deux lignes ne couvre le froid commercial fixe. L’autre échéance 2032, celle qui touche réellement le R-134a, relève d’un mécanisme différent traité dans la section suivante. Pour le gros du froid commercial fixe, la date de mise sur le marché à retenir est le 1er janvier 2030.
2032 : la vraie échéance concerne l’entretien, pas la vente
L’article 13(5) du règlement pose la seule date butoir qui touche directement le R-134a : à compter du 1er janvier 2032, les gaz de l’annexe I au PRP supérieur ou égal à 750 ne pourront plus être utilisés pour la maintenance ou l’entretien des équipements frigorifiques fixes. Avec son PRP de 1 430, le R-134a est concerné.
Trois précisions changent complètement la portée pratique de cette règle. D’abord, les groupes refroidisseurs de liquide sont explicitement exclus du champ de l’article 13(5) ; la climatisation et les pompes à chaleur, elles, ne sont pas nommées parce qu’elles sont tout simplement hors du champ de ce paragraphe, qui ne vise que les équipements frigorifiques fixes. Ensuite, le texte prévoit des exceptions pour les équipements militaires, ceux conçus pour refroidir en dessous de -50 °C et ceux destinés au refroidissement des centrales nucléaires. Enfin, et c’est le point le plus utile en exploitation, les points (a) et (b) du même paragraphe autorisent le gaz régénéré et le gaz recyclé pour l’entretien des installations existantes, sans date de fin.
Autrement dit, un exploitant qui dispose aujourd’hui d’une centrale frigorifique au R-134a n’a pas de date de mise au rebut imposée. Il a une date à partir de laquelle son fluide d’appoint devra changer de nature, pas d’équipement.
Gaz vierge, recyclé, régénéré : la distinction qui décide de votre maintenance
Le règlement distingue trois statuts, et cette distinction devient la variable centrale de toute stratégie de maintenance après 2032. Le gaz recyclé a simplement été récupéré et nettoyé sur site. Le gaz régénéré a subi un retraitement en usine pour retrouver des spécifications équivalentes au fluide neuf, avec la certification qui l’accompagne.

En pratique, les deux statuts n’ouvrent pas les mêmes droits. Le gaz recyclé ne peut être utilisé que par l’entreprise qui l’a récupéré, ou pour laquelle la récupération a été effectuée : il ne circule pas librement sur le marché. Le gaz régénéré, lui, doit porter l’étiquetage prévu à l’article 12(7). C’est cette condition d’étiquetage, et non la qualité du fluide, qui fait la différence lors d’un contrôle.
Une conséquence souvent négligée figure à l’article 8(6) : un fluide récupéré ne peut pas servir à remplir ou compléter une installation tant qu’il n’a pas été recyclé ou régénéré. Récupérer ne suffit pas, il faut traiter.
Étanchéité et certification : les bons numéros d’articles
Les obligations d’étanchéité relèvent de l’article 5, et non de l’article 10 comme on le lit parfois. Le contrôle est obligatoire dès 5 tonnes équivalent CO2 de gaz de l’annexe I, avec une fréquence qui s’accélère selon la charge : tous les 12 mois en dessous de 50 tonnes, tous les 6 mois entre 50 et 500 tonnes, tous les 3 mois au-delà. Chaque intervalle de contrôle est doublé lorsqu’un système de détection de fuites conforme à l’article 6 est installé : les contrôles deviennent donc moins fréquents, pas plus.
- Article 5 : contrôles d’étanchéité et seuils de déclenchement.
- Article 6 : systèmes de détection de fuites, obligatoires à partir de 500 tonnes équivalent CO2, vérifiés au moins tous les 12 mois.
- Article 7 : registres à tenir pour chaque équipement soumis à l’article 5, conservés au moins 5 ans.
- Article 10 : certification et formation des personnes physiques et des entreprises. C’est ici, et non à l’article 14, que se trouvent les exigences d’attestation de capacité.
L’article 14 porte sur les quotas de production des producteurs de HFC : le citer à propos de la certification des techniciens est une erreur fréquente. Pour le panorama complet des obligations de conformité, toutes substances confondues, consultez notre guide de la réglementation F-Gas en France.
Automobile : une interdiction ancienne, mais une recharge toujours permise
Le R-134a a quitté la climatisation automobile bien avant F-Gas III. La directive 2006/40/CE interdit depuis le 1er janvier 2011 la réception par type des véhicules neufs équipés d’un système conçu pour contenir un fluide au PRP supérieur à 150 (article 5(4)), puis depuis le 1er janvier 2017 l’immatriculation et la vente de tout véhicule neuf dans ce cas (article 5(5)). Le champ couvre les catégories M1 et N1 classe I.
Un point que la plupart des calendriers omettent : l’article 6(2) de cette même directive réserve explicitement le cas de la recharge des systèmes montés sur des véhicules mis en circulation avant 2017. Recharger au R-134a la climatisation d’un véhicule antérieur reste donc licite. La comparaison technique avec son substitut est traitée dans notre guide R-134a contre R-1234yf.
Quelles alternatives au R-134a, et avec quel PRP exactement ?
Attention aux valeurs de PRP qui circulent : le règlement (UE) 2024/573 n’utilise pas une base unique. Son annexe I, qui liste les HFC comme le R-134a, se fonde sur le quatrième rapport du GIEC (AR4). Son annexe II, qui liste les HFO comme le R-1234yf, se fonde sur le sixième rapport (AR6). Deux fluides peuvent donc être comparés sur deux référentiels différents dans le même texte.
| Fluide | PRP | Base et source | Usage |
|---|---|---|---|
| R-134a | 1 430 | AR4, annexe I | Référence, classé A1 |
| R-1234yf | 0,501 | AR6, annexe II | HFO, substitut automobile dominant, classé A2L |
| R-513A | ≈ 630 | Calculé selon l’annexe VI | Mélange HFO/HFC, classé A1, compatible avec de nombreux composants après validation |
| R-290 (propane) | 0,02 | AR6, annexe VI | Hydrocarbure naturel, classé A3, charge limitée pour raisons de sécurité |
Le choix du substitut ne se règle pas au seul PRP. Le passage en A2L ou en A3 impose une adaptation des procédures de sécurité et une formation spécifique des équipes, conformément aux normes EN 378 et ISO 817, en plus des obligations de certification propres à ces classes de sécurité. Les scénarios de rétrofit sur installations industrielles existantes sont détaillés dans notre guide des alternatives au R-134a en rétrofit industriel.
Comment planifier la transition entre aujourd’hui et 2032 ?
La première étape n’est pas technique mais documentaire : savoir exactement quels équipements de votre parc tombent sous le coup de l’article 13(5). La réponse dépend de deux critères seulement, le type d’équipement et la charge, et elle détermine si vous avez une échéance en 2032 ou aucune échéance du tout.
- Classez chaque installation. Froid fixe hors groupe refroidisseur : concerné par l’échéance 2032. Groupe refroidisseur, climatisation, pompe à chaleur : hors champ, aucune date d’entretien imposée à ce jour.
- Relevez la charge en tonnes équivalent CO2. Multipliez la charge en kilogrammes par 1,43 pour le R-134a. Une installation de 35 kg atteint 50 tonnes équivalent CO2 et bascule en contrôle d’étanchéité semestriel.
- Vérifiez votre couverture en détection de fuites. Au-delà de 500 tonnes équivalent CO2, soit environ 350 kg de R-134a, le système de détection devient obligatoire et divise par deux la fréquence des contrôles.
- Identifiez vos sources de fluide régénéré. Pour les installations concernées par 2032, c’est le point qui conditionne la poursuite de l’exploitation. Le gaz recyclé en circuit fermé n’est utilisable que par l’entreprise qui l’a récupéré.
- Arbitrez rétrofit ou remplacement pour les machines dont la durée de vie résiduelle dépasse 2032, en intégrant le coût du fluide et non seulement celui du matériel.
Un raisonnement revient souvent en exploitation : puisque le gaz régénéré reste autorisé sans date de fin, il suffirait d’attendre. Le texte l’autorise effectivement, mais il ne garantit pas le volume disponible. L’article 13(6) prévoit justement que la Commission puisse accorder des dérogations temporaires de quatre ans maximum à un État membre qui démontre une pénurie de fluide régénéré ou recyclé. Cette clause n’existerait pas si le législateur jugeait l’approvisionnement acquis.
La conséquence pratique est simple : le gaz régénéré est une stratégie de prolongation, pas une stratégie de statu quo indéfini. Il permet d’étaler un programme de remplacement sur plusieurs exercices au lieu de le subir en une fois, ce qui est précisément l’intérêt d’anticiper dès maintenant plutôt qu’en 2031.
Un dernier point mérite attention pour les installations qui resteront en service au-delà de 2030 : l’article 11(1) autorise la mise sur le marché de pièces détachées destinées à la réparation et à l’entretien d’équipements existants figurant à l’annexe IV, à condition qu’il n’y ait ni augmentation de capacité, ni augmentation de la quantité de fluide, ni recours à un fluide au PRP supérieur. Une réparation à l’identique reste donc possible même après la fermeture d’une catégorie aux équipements neufs.
Questions fréquentes
Le gaz R134a est-il interdit en 2026 ?
Non. Le R-134a affiche un PRP de 1 430, sous le seuil de 2 500 qui déclenche les interdictions d’entretien de l’article 13 du règlement (UE) 2024/573. Il reste achetable et utilisable pour l’entretien des installations existantes. Seule la mise sur le marché de certains équipements neufs est restreinte, par catégorie et par date, selon l’annexe IV.
Que se passe-t-il exactement en 2032 pour le R134a ?
À compter du 1er janvier 2032, l’article 13(5) interdit l’usage des fluides de l’annexe I au PRP supérieur ou égal à 750 pour l’entretien des équipements frigorifiques fixes. Le R-134a est concerné, mais les groupes refroidisseurs de liquide sont explicitement exclus, et la climatisation comme les pompes à chaleur sont hors du champ de ce paragraphe, qui ne vise que le froid fixe.
Peut-on encore utiliser du R134a régénéré après 2032 ?
Oui. Les points (a) et (b) de l’article 13(5) autorisent le gaz régénéré et le gaz recyclé pour l’entretien des équipements existants, sans date de fin prévue par le texte. Le gaz régénéré doit porter l’étiquetage de l’article 12(7) ; le gaz recyclé ne peut servir qu’à l’entreprise qui l’a récupéré.
Puis-je encore recharger la climatisation de ma voiture au R134a ?
Oui, si le véhicule a été mis en circulation avant le 1er janvier 2017. La directive 2006/40/CE interdit le R-134a dans les véhicules neufs depuis cette date, mais son article 6(2) réserve explicitement le cas de la recharge des systèmes déjà installés sur les véhicules antérieurs.
Quel gaz remplace le R134a ?
Le R-1234yf (PRP 0,501 selon l’annexe II) domine l’automobile. Pour les applications fixes, le R-513A (PRP calculé d’environ 630, classé A1) permet souvent un rétrofit sans changer de classe de sécurité, tandis que le R-290 s’impose sur les petites charges. Le choix dépend autant de la classe de sécurité que du PRP.
Conclusion : une transition à planifier, pas une interdiction à subir
Le R-134a ne disparaît pas en 2032. Ce qui change à cette date, c’est la nature du fluide utilisable en entretien sur une partie du parc : le froid fixe hors groupes refroidisseurs devra passer au régénéré ou au recyclé. Pour la climatisation, les pompes à chaleur et les groupes refroidisseurs, aucune échéance d’entretien n’existe aujourd’hui dans le texte.
La vraie contrainte des prochaines années reste la disponibilité : le quota se resserre, les prix suivent, et les installations les plus chargées seront les premières à sentir la tension. Pour comprendre les propriétés du fluide lui-même, consultez notre guide complet du R-134a. Pour sécuriser un approvisionnement conforme et tracé, découvrez notre gamme de R-134a certifié.
Avertissement : les dates et seuils cités proviennent du texte du règlement (UE) 2024/573 publié au Journal officiel. Des actes délégués ou d’exécution peuvent modifier les annexes ou accorder des dérogations temporaires. Vérifiez la version consolidée en vigueur sur EUR-Lex avant toute décision d’investissement, et faites valider votre situation par un professionnel certifié. Une erreur sur cette page ? Signalez-la via notre page contact.


